Formation

Début de saison: les choses à faire !

Les premières chutes de neige importantes sont arrivées sur les Alpes et il va falloir être prêt au moment de sortir les skis.

Voici quelques trucs à ne pas oublier avant de mettre les skis dans le coffre de la voiture pour la première fois de l’hiver:

La glisse:

img_0020

Si vous êtes de bons élèves, vous avez du farter vos skis en fin de saison sans les racler, pour que votre semelle passe un bon été. Dans ce cas, il ne faut pas oublier de les racler pour enlever la couche épaisse de fart qui viendrait se déposer délicatement sur vos peaux de phoque… le drame!

Si vous avez oublié, vous pouvez toujours farter vos skis maintenant. Les neiges froides nous font beaucoup botter et quand on passe du soleil du sommet à l’ombre du couloir de peuf, ça peut fait drôle, voire mal… Ça le fera moins avec du fart. Par contre ne pas oublier de bien racler au maximum et de brosser consciencieusement, histoire de ne pas vo
us retrouver dans la situation ci-dessus.


Profitez en pour glisser un racloir ( et un petit peu de fart) dans votre sac à dos pour tout l’hiver. Cela vous évitera d’aller voir votre banquier en lui expliquant que sa carte bleue c’est vraiment de la m…!

Les fixations:

img_0025

 Comme vous êtes un bon élève, vous avez aussi desserré les ressorts de vos fixations pour qu’elles aussi passent un bon été… et bien même chose: n’oubliez pas de les resserrer! Sinon je vous laisse imaginer ce qu’il se passera quand vous basculerez dans le couloir de poudreuse… sans avoir ni resseré…ni farté…!

Vérifiez en même temps que le réglage de la longueur est correct. De 3 à 5 mm,  entre l’arrière
de la chaussure et la butée arrière pour les fixations à pin, selon les recommandations du fabricant.

C’est aussi l’occasion de trouver le tournevis qui va bien (essayer un peu de régler des low tech avec votre Leathermann..), et de le glisser dans le sac ou au moins dans le coffre de la voiture.

DVA/Sonde/Pelle:

En général, ce n’est pas en décembre qu’on va s’éloigner beaucoup de la civilisation, mais il faut quand même se remettre dans le bain.
img_0022

Le DVA: les bons élèves ayant enlevés les piles de leur DVA, pour ne pas qu’elles corrodent les cosses, il faut en remettre, des neuves! img_0026Privilégiez les pilesAlcalines qui ont une courbe de décharge régulière. Pas de piles rechargeables.

Regardez aussi la date ( en général un autocollant dans le compartiment piles) de la prochaine révision du DVA.
C’est aussi l’occasion de se remémorer son utilisation: ON/OFF, test de groupe, mode recherche… et aussi de faire un petit exercice, dehors bien entendu!

La sonde: montez la une ou deux fois pour être efficace et profitez en pour virer cette pochette qui vous ferait perdre du temps en cas d’incident. En général, les sac à dos de ski on des poches rapide d’accès prévues pour ça.

La pelle: pareil, plusieurs montages/démontages rapides avec vos gants, et arrêtez de mettre le manche dans la pochette de la sonde…ACCESSIBLE tout ça!

Où aller?

Maintenant que le matériel est prêt, il faut se décider sur la destination. De manière générale, ce n’est pas la meilleure période pour aller faire le projet qui vous tient à coeur depuis 5 ans… donc tranquille!

Si vous ne savez pas trop, privilégiez une station de ski encore fermée mais ATTENTION: des gens y travaillent et tout est possible. Ainsi, pour préparer les pistes un déclenchement préventif d’avalanche est possible en journée, renseignez vous.

Les engins à moteurs peuvent aussi être dangereux car ils pensent être seuls. Montez toujours en bord de piste et faites attention en dessous des bosses. Faites aussi très attention dans les pistes raides au câbles des dameuses qui peuvent être enfouis sous la neige. (voir la vidéo ici)

Les bosses de neige formées par les canons à neige peuvent aussi faire mal; en plus d’être hautes, la neige peut y être humide et vous stopper tout net… aïe!

Si vous avez envie de vous éloigner un peu plus, soyez prudents à la descente car le manteau neigeux n’est pas forcément encore très épais et dense, les cailloux et souches ne sont pas loin. Les informations dans les Bulletins de risque d’avalanches sont aussi très sommaires car réalisées avec peu d’informations ( stations de skis fermées).

Enfin, prenez en compte que les jours sont courts et que la nuit tombe vite. Ainsi, malgré la fraîcheur et la neige qui ne change pas trop dans la journée sous les effets du soleil, partir tôt permet de profiter de la descente avec une bonne lumière et quelques heures de marge en cas de soucis.

Voilà donc une petite liste, non exhaustive, des petites astuces qui feront que l’hiver commencera bien. N’hésitez pas à partager avec nous votre expérience, dans les commentaires.

Bon ski à toutes et tous,

Victor

 

Week end du 20/22 janvier : encore une formation Neige et Avalanches ?

Eh oui, encore une…

12228068_10156328755415122_387560370_o

Mais pas de panique, j’en vois déjà qui imaginent les longues heures en salle de cours à se tortiller sur leur chaise, les Power Points hypnotiques qui s’enchaînent, le sommeil qui vous gagne et les gros mots scientifiques qui viennent asphyxier vos cellules grises qui, elles, ne demandent qu’à respirer le grand air de la montagne !

On a décidé de remettre les choses à l’endroit.
Attention : pas de prétention ici à révolutionner quoi que ce soit (d’ailleurs les chevilles qui enflent c’est pas très compatible avec les chaussures de ski).

Non.

On est parti d’un constat simple : chaque année il y a malheureusement des accidents, et relativement souvent sont impliqués des gens éduqués à la neige et aux avalanches. Quelque chose clochait donc dans notre manière d’enseigner. Il fallait balayer nos certitudes et imaginer quelque chose de nouveau ! La graine était plantée dans nos esprits, restait à la faire germer et grandir.

Pour être justes, il faut dire que nous avons eu quelque profs durant notre formation (ils se reconnaîtront s’ils lisent ces lignes…) qui ont eu cette réflexion et qui sont ,sans aucun doute, pour beaucoup dans la démarche que nous entreprenons.

Pour être encore plus juste, il faut aussi dire que c’est la rencontre avec Bjørn Michaelsen qui fût déterminante.

Bjørn est Norvégien, géographe à la base, et enseigne le ski de montagne dans une de ces écoles scandinaves dignes des contes de fées, où des jeunes adultes passent 6 mois à un an à assouvir leurs passions… Professionnel reconnu, il travaille aussi à la sécurité des routes dans sa région (ceux qui sont passés au delà du cercle polaire en plein hiver comprendront…), au bulletin de prévision du risque d’avalanche et au développement d’un nouveau centre d’étude sur les avalanches à Tromsø.

[mode 2è degré on]
La seule médaille qui lui manque c’est celle de guide mais une journée sur les skis avec lui vous feront oublier ce détail.
[mode 2è degré off]

Bref, un gars à qui l’on peut faire confiance.

Depuis 1992 Bjørn a enseigné de manière professionnelle le ski de montagne, dans des stages aux formats variés, d’un week-end à une année complète. En 2002 il crée Ski og Skred, formation internationale de 6 mois, ainsi que des Ateliers neige et Avalanches de deux jours, d’abord en Norvège puis aussi à Davos à partir de 2010.

Au long de toutes ces années, pas le moindre accident ni incident. La chance ?

C’est l’explication que lui vous donnera, par modestie, et on le sait (presque) tous, le hasard joue un rôle important dans nos activités, on ne peut jamais prétendre tout maîtriser. Nature = Chaos, c’est un fait.

Mais on pense aussi que sa méthode est bonne, et c’est pour cela qu’on a décidé de joindre nos forces, Ski Og Skred et Ski Touring Academy, pour amener en Haute- Maurienne ce concept qui a changé de manière positive la pratique du ski de montagne de nombreuses personnes, en Norvège comme en Suisse.

briefing-carte-ski-de-rando-montagne-groupe-formation-guide-securite-stage-ski-touring-academy-nivologie

On parlait plus haut de remettre les choses dans le bon sens.
Habituellement, la théorie est LE fondement, ce langage commun et reconnu, qui nous permet de comprendre la situation et d’échafauder nos plans.

Et quand je dis théorie, je veux dire tout ce qui concerne notre sujet, la neige, le phénomène avalancheux, la météo, les facteurs humains (la psychologie), etc…
On commence en général avec ça car on aime “parler le même langage”, on pense que c’est nécessaire.
Et on a bien raison.
Mais on ne peut pas forcer les choses, encore moins le temps d’un week-end.
Notre expérience en ski, nos voyages, nos rencontres nous ont appris trois choses incontestables au sujet de la manière d’appréhender le ski de montagne et le risque, ce fameux “langage” :
-il y a beaucoup de “langages” différents.
-en apprendre un nouveau prends du temps.
-c’est plus facile d’en parler sur le terrain.

guide-sejour-stage-ski-de-rando-montagne-ski-touring-academy

D’où le principe de ce week-end, qui va vous déstabiliser au début, mais rassurez vous ça ne va pas durer !
L’idée, c’est que c’est le terrain et votre manière de l’aborder et de le skier qui va servir de base. Grâce à cette base, nous, formateurs, allons être à même de vous fournir les connaissances manquantes et les outils qui vous permettront de progresser, de mieux comprendre et de prendre les bonnes décisions.

Pour ce faire, nous allons non pas vous guider, mais vous suivre sur le terrain, dans des sorties que vous aurez préparé en groupe (sous notre supervision, quand même…). Et le but ne sera pas un sommet, coûte que coûte, mais bien de se parler, d’observer et de parler encore, pour que chaque pas que nous faisons en montagne ait un sens. C’est ce que nous appelons la conduite de groupe “transparente” : le leader explique ses choix, sollicite la discussion si personne ne le fait dans le groupe. Ce jour là, notre rôle sera de vous faire parler, de vous amener à vous poser des questions, et bien entendu de vous montrer ce que vous n’aurez pas vu.

Riches de cette “matière” nous nous retrouverons le soir avec les autres groupes pour comparer nos expériences, et en tirer des enseignements pour la sortie du lendemain. Ce sont aussi ces observations qui amèneront naturellement la discussion sur des sujets plus théoriques, qui, étant liés au terrain, vous paraîtront bien moins rébarbatifs.

Ainsi donc, chacun, et ce quel que soit son niveau de départ, repartira avec une méthode de prise de décision adaptée à sa manière de pratiquer et à ses aspirations.

Un moyen de continuer à progresser vers l’autonomie sans se mettre en danger !

En Norvège et en Suisse des participants reviennent chaque année car les conditions ne sont jamais les même : il y a toujours du nouveau à découvrir !

On vous attends à Val Cenis, du 20 au 22 janvier 2017, les inscriptions se font

>>> ICI <<<

(Ok il y a du français, de l’anglais, du norvégien mais promis, on fera en sorte que tout le monde communique !)

Et pendant ce temps on affine nos Power Points et on fait chauffer le rétro projecteur.